Posture : 5 idées erronées

Tiens-toi droit ! Rentre le ventre ! Ouvre tes épaules ! Etc… Une bonne posture ? Cet article écrit en anglais en octobre 2010 par mon collègue Todd Hargrove et traduit en français par Delphine Hélix vous donne quelques réponses.

« En tant que praticien d’éducation somatique je vois beaucoup de personnes qui me disent qu’elles sont en train de travailler sur leur posture. Beaucoup sont déjà dans le processus d’appliquer certains conseils douteux qu’ils ont trouvés sur internet. Cet article récapitule les idées fausses majeures que les gens semblent avoir au sujet de la posture.

Idée erronée n°1 : La mauvaise posture est responsable de votre douleur 

C’est un  lieu commun que de dire que la mauvaise posture aboutie à la douleur et que vous pouvez guérir la douleur en améliorant la posture. Vous pouvez lire de telles idées partout. Bien qu’elles fassent appel à un certain bon sens, elles manquent sévèrement de preuves qui les soutiennent, à ma connaissance (si vous en avez, merci de me les faire parvenir, j’aimerais beaucoup les connaître.)

Si la mauvaise posture était une cause majeure de douleur, vous pourriez constater que les gens présentant des distorsions posturales mesurables auraient plus de douleur que les gens qui n’en ont pas. Mais ce n’est pas ce que la majorité des études trouve. Comme récapitulé dans un article précédent, la majorité des preuves révèle que la douleur n’a pas de grande corrélation avec les mesures de la posture telles que la courbure de la colonne vertébrale. Ceci est surprenant et quelque peu contraire à l’intuition, mais toute personne faisant le projet d’investir un temps et un effort considérables à essayer de corriger la posture pour soulager la douleur devrait vraiment le garder en mémoire.

Idée erronée n°2 : Une bonne posture exige une attention constante

Beaucoup de mes élèves croient qu’une mauvaise posture est la conséquence d’un manque d’attention pour maintenir la bonne posture. D’un point de vue pratique, la position est certainement vouée à l’échec si elle exige une attention consciente constante. Nos corps ne sont pas conçus pour exiger le contrôle conscient de l’activité musculaire. Nous pouvons marcher sans nous rappeler d’activer le fléchisseur commun des orteils au bon moment et nous pouvons aussi être assis tout droit sans avoir à penser d’activer les abdominaux ou le rétracteur de l’omoplate. En fait, nous n’avons vraiment pas d’autre choix que de permettre à la posture d’être dictée par des processus inconscients. Même la plus grande attention constante de votre posture sera abandonnée après une seconde ou deux, aussitôt qu’une autre distraction surgit. Ainsi, si vous voulez une bonne posture, vous devez d’une façon ou d’une autre le faire en acte inconscient. (Ce qui ne signifie pas que l’attention consciente à la posture n’est jamais une bonne idée, seulement que ce n’est pas une stratégie à long terme.)

Idée erronée n°3 : une bonne posture exige des efforts supplémentaires

Beaucoup de mes élèves 
croient que leur mauvaise position résulte de la paresse, ou probablement du manque d’endurance ou de force dans certains des muscles posturaux. Ils se sentent fatigués après seulement quelques minutes de ce qu’ils supposent être une bonne posture, et concluent ensuite qu’ils doivent augmenter leur force ou leur endurance pour tenir la posture. Ceci est probablement une bataille perdue d’avance.


La solution n’est pas d’apprendre comment tolérer le fait d’avoir à faire plus d’effort, mais de trouver une manière de s’asseoir qui demande moins d’effort. En fait, un excellent critère pour n’importe quel mouvement optimal est qu’il y ait très peu le sens de l’effort. En ce qui concerne la posture, ces règles signifient que la posture optimale devrait être ressentie comme plus facile, et pas plus difficile, que votre posture actuelle.


Donc, si vous ressentez qu’une certaine posture exige un effort supplémentaire, ça ne va probablement pas fonctionner. En tout cas, votre cerveau, qui préfère la façon la plus efficace de faire quelque chose, sera assez intelligent pour abandonner une stratégie posturale inefficace au tout premier moment où vous arrêterez consciemment de la contrôler, ce qui devrait prendre trois ou quatre secondes.


Idée erronée n°4 : Posture signifie "se tenir droit"


Les gens pensent à la posture comme étant l’opposé du mouvement – comme quelque chose que vous « tenez ». En tant que tels, les gens deviennent souvent tout à fait raides quand ils sont dans ce qu’ils supposent être leur « bonne » posture. Ceci est une mauvaise idée parce que ça interfère avec tous les mouvements qui doivent se faire constamment pendant n’importe quelle position.
Chaque posture exige la respiration (sauf peut-être des postures sous-marines), ce qui implique potentiellement presque chaque muscle du tronc. Ce fait va à l’encontre du conseil commun de rentrer les abdos comme étant le moyen de devenir plus droit et stable. Rentrer consciemment les abdos peut vous faire vous sentir plus grand, mais ça a aussi tendance à bloquer certains muscles qui doivent bouger pour permettre la respiration.


En plus de la respiration, la position statique (particulièrement la position debout) implique des mouvements oscillatoires constants. La position debout est en réalité une position fortement instable – c’est comme équilibrer une boule de 50 livres au bout d’un bâton lui-même au bout de deux bâtons, au-dessus de deux pieds. Etre debout est un processus continuel de chutes et de rétablissements, où les tensions musculaires tenant le corps à la verticale sont constamment ajustées quand le corps penche dans une direction et ensuite dans l’autre. Cela aboutit à un très petit, mais perceptible schéma d’oscillation dans lequel la tête se déplace au-dessus des pieds dans un mouvement de huit ou d’un cercle. Ainsi, la posture ne veut pas dire d’empêcher le mouvement, mais au contraire de permettre de très petits mouvements autour d’un point d’équilibre central. Essayez d’imaginer que vous êtes une poupée à tête dodelinante et que vous pouvez sentir ce processus subtil de mouvement et de rajustement arrivant constamment et involontairement.


Un autre aspect de la posture qui est liée au mouvement est le fait que n’importe quelle position statique est l’endroit d’où le mouvement suivant viendra. Donc, un autre critère pour une posture optimale c’est qu’elle permet le mouvement suivant avec un minimum de préparation. Ceci est bien sûr d’une importance vitale dans un contexte sportif où les joueurs attendent le mouvement suivant dans une position (d’habitude accroupis) qui permet un mouvement rapide dans n’importe quelle direction avec peu d’effort ou de préparation. Mais une telle considération s’applique aussi à la vie quotidienne, et vous pouvez être sûrs que votre cerveau anticipe constamment votre mouvement suivant, quelle que soit sa taille, ainsi que les préparatifs posturaux nécessaires.


Un mouvement qui arrive presque constamment dans la plupart des positions assises et debout est celui de tourner la tête d’un côté à l’autre pour parcourir l’horizon et prendre des informations sensorielles. Chaque mouvement de la tête, quand il est exécuté d’une façon optimale, exige le mouvement de la nuque et les mouvements compensatoires plus subtils dans le tronc et même le bassin. Bougez votre tête d’un côté à l’autre en étant assis et vous sentirez vos ischions se déplacer légèrement sur votre siège. Maintenir la tête et le tronc dans une position rigide limitera la liberté de ces mouvements et les rendra plus raides et moins confortables. Essayez d’adopter votre « bonne » position et voyez ensuite si vous avez besoin de la détendre un peu pour tourner confortablement d’un côté à l’autre. De nouveau, votre cerveau ne vous laissera pas adopter une position qui empêche un balayage rapide et facile de l’horizon, et donc une telle position est vouée à l’échec.


Un autre mouvement qui a lieu presque constamment en étant assis est d’étendre le bras vers un clavier, une souris, un téléphone, un gâteau, une télécommande, etc. Si les omoplates (je ne vais pas dire l’omoplate) sont maintenues vers la colonne vertébrale par les rétractions conscientes recommandées par beaucoup d’experts en posture, le bras n’est pas prêt à s’étendre. C’est pourquoi un tel conseil est voué à l’échec. Le cerveau sait qu’être assis à un ordinateur signifie constamment le fait d’étendre le bras, et il ne permettra pas aux omoplates d’être constamment coincées en arrière.


Le résultat final est que la posture n’est pas une position statique à tenir, mais plutôt une série dynamique et constamment changeante de mouvements subtils qui permettent de respirer, de tourner et d’atteindre, de préserver un équilibre facile et de préparer le mouvement suivant.
 

Idée reçue n°5 : Etre plus droit et plus symétrique est toujours mieux


Beaucoup de personnes supposent que leur posture s’améliorera s’ils deviennent « plus droits » et plus symétriques. Cependant, c’est une mauvaise idée de mettre trop l’accent sur l’apparence de votre posture. Le plus important, c’est comment elle est sentie. L’accent visuel sur la posture résulte probablement d’avoir passé trop de temps à regarder les images de positions platoniquement idéales montrées dans des livres. Essayer de déformer votre corps dans les formes vues dans ces images peut être une mauvaise idée.


Chaque personne a une structure osseuse unique et donc chaque personne a une posture idéale unique. Nous avons tous au moins quelques asymétries mineures dans les os à gauche et à droite. Si vous regardez un squelette de plus près, vous remarquerez que les côtes sur le côté droit ne sont pas de la même forme que les côtes à gauche. Vous remarquerez aussi des endroits où la colonne vertébrale se courbe de gauche à droite. Les os ne sont pas faits par des machines comme les pièces interchangeables de meubles Ikea, ils sont formés par des années et des années d’un processus organique de croissance qui répond aux forces de tension et de compression. De telles forces doivent nécessairement être différentes d’un côté à l’autre et donc les asymétries sont la règle et pas l’exception. Si les os de votre colonne vertébrale s’inclinent naturellement un peu à gauche près du sacrum, ils devront s’incliner de retour vers la droite à un certain endroit afin de garder la tête au-dessus du bassin. La courbure résultante est entièrement naturelle et peut-être optimale pour cette personne particulière. Essayer d’enlever les courbes travaille contre l’os et va nécessairement causer un stress et une tension inutiles.


Les mêmes principes s’appliquent à la taille des courbes du bas et du haut du dos, qui sont largement déterminées par la forme des os, particulièrement le sacrum, dont la forme varie beaucoup entre les personnes différentes. Croyez-moi, vous reconnaîtriez facilement Jennifer Lopez en regardant juste son squelette.


Le résultat final est que la posture idéale est différente pour tout le monde, donc ne prenez pas trop en compte l’apparence de votre posture, jugez plutôt comment vous la sentez. Si cela ne semble pas naturel, ça ne marchera pas. »

Ces méthodes qui réunissent le corps et l’esprit : La méthode Feldenkrais®

De plus en plus, le monde scientifique met en évidence les mécanismes qui confirment que chacun de nous possède d’importantes capacités de prévention et de guérison de la maladie.

 

Les émotions positives, la relaxation, le toucher, déclenchent des mécanismes psycho-neuro-immunologiques qui permettent de répondre de façon plus efficace à toute forme de déséquilibre qu’un individu rencontre au quotidien. Pour réduire le mal-être de notre époque (stress, contraintes, accident, dépression, vieillissement...), seul un changement d’attitude au quotidien permet de résoudre le problème à sa base de manière efficace et durable. Cela suppose de définir ses priorités, d’identifier ses besoins essentiels, de modifier son attitude et de respecter la sensibilité de son corps.

La méthode Feldenkrais est une de ces approches complémentaires qui favorisent la mise en en route des mécanismes d’éveil et de respect de la sensibilité permettant de modifier ces comportements.

En développant cette intelligence corporelle, la méthode Feldenkrais comme d’autres méthodes d’éducation somatique, véhicule deux messages essentiels. Le premier insiste sur le fait que nous pouvons trouver des solutions en nous-mêmes, dans notre organisation corporelle. Le second rappelle que nous pouvons évoluer et changer tout au long de notre existence, particulièrement si les transformations sont inscrites dans la réalité du corps.

Felden quoi ?

"Que faites-vous dans la vie?"

"J’enseigne la Méthode Feldenkrais®"

"Felden-quoi?"

"Feldenkrais. C’est une méthode de re-éducation, du nom de la personne qui l’a développée, Moshé Feldenkrais."

Difference entre Yoga et Feldenkrais®

“Souvent, quand on commence à expliquer à  quelqu’un en quoi consiste la méthode Feldenkrais, de manière  simplifiée, on dit que c’est une méthode dans laquelle on réalise des  mouvements lents pour apprendre à mieux se mouvoir, et là les gens  disent : « ah c’est comme le Yoga ! » Comme un besoin de comparer ce qui est  inconnu à quelque chose qui l’est justement.

Peu de personnes  connaissent vraiment ce qu’est profondément le Yoga, et celles qui  mettent dans le même sac Yoga et Feldenkrais ne connaissent ni l’un ni  l’autre. L’objet de l’article d’aujourd’hui est d’expliquer quelques différences fondamentales entre le Yoga et la méthode Feldenkrais. 

"Le corps et l'esprit sont très étroitement connectés"

Aujourd'hui, nous savons que le corps et l'esprit ne sont ni la même chose ni deux choses totalement séparées : ce sont deux entités différentes mais très étroitement connectées. Nous comprenons désormais le corps non comme un empilement d'organes sur lequel régnerait le cerveau, mais comme une entité complexe et subtile, siège d'une foule d'interactions.

Tout d'abord, parce que le corps représente une source considérable d'informations et d'outils pour permettre à l'esprit de bien faire son travail : par exemple, l'attention prêtée aux messages corporels est une aide précieuse.

Mon corps, mon ami

Encore relativement confidentielles en France, (le Rolfing, la méthode Feldenkrais et la méthode Alexander) commencent pourtant à conquérir de plus en plus d’adeptes chez celles et ceux qui cherchent des réponses à des situations de mal-être délaissées par la médecine traditionnelle. Et découvrent, en chemin, un nouveau rapport à leur corps et au monde. « Les Américains en sont très friands ; la plupart des assurances préfèrent les prendre en charge plutôt que d’avoir à faire face à des dépenses de santé plus importantes », remarque ainsi Hubert Godard.


Catherine, 49 ans, comédienne et coach, éprouvait « toujours une gêne quelque part, tantôt dans l’épaule, tantôt ailleurs, rien de grave ou qui justifie que je consulte. Quand j’en parlais à mon médecin, il me disait que ça allait passer. Les cours de Feldenkrais m’ont permis de comprendre que je maltraitais mon organisme en lui imposant une cadence qui ne lui convenait pas. J’étais en train de m’user de façon prématurée. J’ai commencé à réfléchir différemment. »


Depuis qu’elle suit des cours de Feldenkrais, Laurence, 48 ans, élue locale parisienne, se surprend souvent « dans la rue, dans le métro » à se demander comment elle se tient. « On comprend que tel mouvement relie l’épaule à la cheville, le pied à la tête. On se met à l’écoute de son corps, c’est très intime et en même temps cela conduit à une meilleure ouverture au monde. »


« Avant, je passais mes week-ends à récupérer ; ce cours me procure un regain d’énergie, j’en sors défatiguée ; j’en profite pour faire de la randonnée ou du vélo le dimanche. »

Redevenir maître de son attention

Notre comportement est en partie déterminé par l'objet de notre attention, souvent selon des automatismes forgés tout au long de notre existence. 

 

Toute capture de l'attention par un élément extérieur (ou intérieur, par exemple les pensées...) va naturellement influencer notre comportement et d'une certaine manière.

 

L'attention est avant tout sélection. Un phénomène étonnant connu sous le nom de "clignement attentionnel" révèle qu'à chaque capture de l'attention, notre système exécutif est momentanément indisponible pendant une durée minimale de l'ordre de la demi-seconde, le temps de "digérer" son objet d'attention. Il apparait donc clairement que l'attention est une ressource limitée et précieuse, produite à chaque instant au sein de la mécanique la plus évoluée qu'ait produite l'évolution: le système exécutif du cerveau humain. Cette ressource est donc, d'une certaine façon, le joyau de l'évolution.

 

Il n'est donc pas vrai que nous décidons librement de l'orientation de notre attention, car celle-ci est constamment bousculée par les stimuli qui bombardent nos sens, tel un voilier soumis en permanence aux vents et aux courants. Comment dès lors, éviter que notre attention ne soit manipulée?

 

Les bons marins choisissent quant à eux d'apprendre à s'adapter à la violence des forces de la nature pour les retourner à leur avantage. Dans le cas de l'attention, il est aussi possible d'apprendre à naviguer, pour cesser de succomber aux forces extérieures qui orientent l'attention et pour au contraire les absorber et rediriger cette énergie en direction de ce que l'on estime important.

Pourquoi faut-il bouger ?

Le mouvement stimule tous les systèmes de notre corps. Quand on ne bouge pas assez à cause de notre mode de vie sédentaire, cela amène premièrement au raccourcissement musculaire (manque d’élasticité, tension) et à l’affaiblissement osseux (l’os a besoin d’une certaine pression régulière pour maintenir sa structure). Cela affecte l’état d’esprit et le bien-être général.

La sédentarité renforce le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité, d’hypertension artérielle, d’ostéoporose, de troubles lipidiques, de dépression et d’anxiété.

Parmi les mesures préventives on peut citer : une activité physiques modérée 20 minutes par jour (marche, circuler à vélo, mouvements doux), l’arrêt du tabac et une alimentation équilibrée.

C'est bon pour le coeur, pour les articulations et pour la tête !

Lorsqu’on parle d’activité physique, on pense uniquement poids et silhouette. On a tort. Il s’agit aussi de bouger son corps pour éviter la surchauffe mentale ! Car, lorsque les pensées se bousculent, mais que le corps fait du surplace, rien ne va plus. Pas besoin, pour autant, de s’épuiser. Il suffit de bouger assez pour évacuer les tensions et des idées parasites.

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Un peu de douceur dans un monde de bruit

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